Allaitement : comment s’y préparer ?

​Si en France, certaines jeunes mamans décident d’emblée de donner le biberon à leur bébé, 66 % font en revanche le choix d’allaiter. Mais bien que l’allaitement soit naturel, en pratique, des difficultés peuvent parfois survenir. Afin de les éviter et d’aller au bout de votre projet, mieux vaut donc vous préparer dès la grossesse. Nos repères pour vous faciliter la tâche.

​Où trouver de bonnes informations sur l’allaitement ?

bébé allaité au sein de maman

​L’allaitement revient actuellement sur le devant de la scène, mais sa physiologie reste assez mal connue, y compris des professionnels de santé. Peut-être même connaissez-vous de jeunes mamans égarées pour avoir reçu trop de conseils contradictoires…

Si vous souhaitez bien préparer votre allaitement, la première chose à faire est donc de collecter des informations de qualité auprès de sources fiables.

​Les associations : une information pertinente et gratuite

Dès la grossesse, vous pouvez vous adresser à des associations de soutien à l’allaitement maternel, comme La Leche League ou Solidarilait :

logo LLLI - La Leche League International
Logo Association Solidarilait

Ces associations proposent généralement deux types de contact : des réunions, qui permettent de rencontrer d’autres mères, et un soutien téléphonique, en tête à tête avec une animatrice bénévole. Également mamans, les animatrices bénéficient d’une expérience d’allaitement réussie, ainsi que d’une formation qui leur permet de vous aider de façon efficace.

Le site web de la Leche League France vous permet par ailleurs d’accéder à de très nombreuses ressources sur l’allaitement. Vous y trouverez des conseils, mais également des données statistiques et des explications scientifiques sur tous les aspects du sujet.

​Les consultants IBCLC : de véritables professionnels de l’allaitement

​La formation principale des professionnels de santé, quel que soit leur niveau d’études, ne consacre que très peu de temps à l’allaitement. Pour obtenir des conseils détaillés et actualisés, mieux vaut donc rencontrer un spécialiste : les consultants en lactation détiennent un diplôme spécifique, délivrés par l’IBCLC (pour « International Board of Lactation Consultant Examiners »).

De nombreuses maternités proposent des consultations d’allaitement, remboursées, avec une consultante IBCLC. N’hésitez donc pas à vous renseigner auprès de votre clinique afin de pouvoir profiter d’un premier rendez-vous avant votre accouchement.

Mais ces professionnels exercent aussi en cabinet privé. Vous pouvez repérer le consultant le plus proche de chez vous à l’aide de l’annuaire de la profession. Les consultations privées ne sont malheureusement pas prises en charge par la sécurité sociale.

​Inscrivez l’allaitement dans votre projet de naissance

​Les conditions de la naissance peuvent avoir une incidence importante sur le démarrage de l’allaitement. On sait par exemple que les bébés séparés trop vite de leur mère peuvent éprouver des difficultés à prendre le sein.

Or, dans le bouleversement de l’accouchement, il est souvent difficile d’imposer tous ses choix. Pour préparer votre allaitement, il est donc important de vous renseigner dès maintenant, à froid, sur les pratiques de votre maternité :

  • Immédiatement après sa naissance, votre bébé sera-t-il placé en peau à peau avec vous ?
  • Sera-t-il possible de lui donner sa toute première tétée (ou tétée d’accueil) dans l’heure suivant l’accouchement ?
  • Pouvez-vous refuser l’aspiration de votre nouveau-né ? Cette pratique, destinée à dégager les voies respiratoires du bébé, peut nuire à son réflexe de succion.

Si vous rédigez un projet de naissance, n’hésitez pas à y noter ces points afin de bénéficier d’un accouchement favorable à l’allaitement. 

Enfin, si vous n’avez pas encore choisi votre maternité, sachez que les établissements labellisés IHAB (« Initiative Hôpital Amis Des Bébés ») sont tenus de soutenir votre projet d’allaiter !

maman allaite bébé sur le lit de la maternité

​Oubliez les gadgets « spécial allaitement »

​Les listes destinées à vous aider à remplir votre valise pour la maternité répertorient fréquemment des articles censés faciliter l’allaitement. Or si certains de ces produits sont utiles, d’autres sont en réalité… nuisibles à l’allaitement. Pour bien préparer le terrain, l’idéal est donc de rester minimaliste :

​Les bouts de sein, une aide à prendre avec précaution

Les « bouts de sein » sont de petits embouts en silicone censés faciliter la prise du sein pour le bébé tout en évitant les douleurs chez la mère. Cependant, ils présentent deux inconvénients non négligeables :

Maman allaite son nouveau-né
  • Les douleurs durant la tétée ne sont pas normales. En les supprimant, les bouts de sein peuvent masquer un problème de succion ou de positionnement du bébé, qu’un professionnel sait souvent corriger.
  • Les bouts de sein ne stimulent pas aussi bien la production de lait que la succion directe au sein. En conséquence, votre bébé peut manquer de nourriture, et sa croissance s’en ressentir. Votre lactation peut également pâtir, ce qui peut compliquer vos projets, notamment si vous souhaitez allaiter longtemps.

Les bouts de sein peuvent être utilisés de façon momentanée en réponse à un problème transitoire. Mais il n’y a aucune raison d’en acheter « au cas où » dès la grossesse !

​Et les autres accessoires ?

​La plupart des autres accessoires destinés à faciliter l’allaitement ne méritent pas non plus d’être achetés par anticipation : facultatifs, ils ne présentent d’utilité qu’au cas par cas.

Les coussinets d’allaitement, souvent mentionnés entre les pyjamas et les culottes filet, sont très appréciables pour celles qui subissent des pertes de lait. En revanche, les jeunes mamans non concernées par ce problème regretteront vite leur achat.

Allaitement de bébé avec l'aide d'un biberon

Les tisanes d’allaitement ne présentent pas non plus d’utilité particulière : la montée de lait est un phénomène physiologique qui survient naturellement après l’accouchement, si les seins sont suffisamment stimulés par le bébé. Dans des circonstances normales, vous n’avez pas besoin d’investir dans ce type de produit, pas plus que de préparer votre poitrine à l’allaitement.

Le tire-lait, souvent coûteux, ne vous servira à rien si votre allaitement se déroule normalement. En cas de problèmes de succion importants ou de séparation empêchant votre bébé de téter, les maternités disposent de tire-lait professionnels. Et dans le cas contraire, il sera toujours temps d’envoyer votre conjoint louer le matériel nécessaire à la pharmacie.

Enfin, ne déboursez rien à l’avance pour la célèbre lanoline, destinée à aider les éventuelles crevasses à cicatriser. Si elle est efficace, elle peut aussi être remplacée par une simple goutte de lait maternel, gratuite et naturellement cicatrisante — et par les conseils d’une personne bien formée à l’allaitement !

​Les vêtements d’allaitement, un confort souvent apprécié

Maman porte un soutien-gorge spécial allaitement

​De nombreuses jeunes mamans apprécient les vêtements d’allaitement, pour leur aspect pratique comme pour le confort qu’ils procurent. Si vous prévoyez de donner le sein, pensez donc à vous équiper de soutien-gorge spéciaux. Les hauts et les robes d’allaitement, fonctionnels et esthétiques, vous aideront par ailleurs à retrouver votre séduction après votre accouchement.

Enfin, vous pouvez déjà vous offrir le fameux coussin d’allaitement. Reconvertible en accessoire cocooning, ce grand polochon en forme de croissant saura toujours trouver une fonction, même une fois votre bébé sevré.

​Conclusion

Pour bien préparer votre allaitement, mettez les objets au second plan et misez sur l’information. N’hésitez donc pas à faire appel aux associations spécialisées afin de compiler des conseils de qualité.

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