Césarienne : dans quelle situation ?

Souvent perçue comme l’antithèse de l’accouchement idéal, la césarienne est redoutée par de nombreuses futures mamans. Subie par une parturiente (femme en train d'accoucher) sur cinq, cette intervention vise pourtant à réduire certains risques pour la mère ou l’enfant. Mais dans quelles situations la pratique-t-on ?

Souffrance fœtale, complications de grossesse, impossibilité d’accoucher par voie basse… : le point sur les raisons et les urgences qui motivent la césarienne.

Dessin pratique d'une césarienne

Qui a besoin d’une césarienne d’urgence ?

La majorité des césariennes réalisées dans les maternités françaises le sont en urgence. Elles interviennent alors soit pendant la grossesse, soit pendant le travail si celui-ci ne se déroule pas normalement.

Plus précisément, l’équipe médicale décide de vous opérer en urgence quand...

Votre bébé est en souffrance fœtale, ce qui se traduit notamment par un rythme cardiaque anormal. Révélateur d’une mauvaise oxygénation, les causes les plus fréquentes sont les contractions mal supportées ou un cordon ombilical mal placé. Une pathologie maternelle ou une fragilité particulière du fœtus sont également possibles.

Césarienne opération pendant accouchement

Vous rencontrez soudain une complication de grossesse qui engage à la fois votre santé et celle de votre enfant à naître ? Il peut s’agir d’une rupture utérine, ou encore d’un hématome rétroplacentaire. Très grave mais heureusement très rare, ce décollement prématuré du placenta prive le fœtus d’oxygène et engendre une hémorragie chez la maman.

Votre travail avait commencé, mais voilà subitement qu’il n’avance plus ? Il est possible que les contractions spontanées s’arrêtent, ou qu’elles ne permettent pas à votre col de l’utérus de s’ouvrir suffisamment. Il se peut aussi que votre bébé (trop grand, mal positionné ou retenu par un cordon trop court…) ne s’engage pas dans votre bassin.

Enfin, les déclenchements d’accouchement constituent des facteurs de césarienne en urgence bien connus> C'est surtout le cas s’ils sont effectués sur un col utérin fermé. En effet, lorsqu’il est provoqué artificiellement, le travail n’est malheureusement pas toujours efficace…

Complications de grossesse et césarienne programmée

Certaines grossesses à risque, bien qu’étroitement surveillées, débouchent parfois sur une aggravation des symptômes. Pour protéger la santé de la mère ou du bébé, le gynécologue décide alors de faire naître celui-ci plus tôt que prévu.

Mais à distance du terme naturel, les conditions pour effectuer un déclenchement ne sont pas toujours réunies. Face à certaines complications de grossesse, la seule option consiste donc à programmer directement une césarienne.

Vous pouvez être amenée à subir une intervention de ce type si...

Vous présentez un diabète gestationnel et les conclusions des examens ne sont vraiment pas favorables. Votre bébé est estimé à plus de 4,5 kilos, dit macrosome, et est certainement vraiment trop gros pour passer dans votre bassin.

Comme 1 à 3 % des futures mamans, vous souffrez d’une pré-éclampsie (hypertension de la femme enceinte) dont les manifestations s’accentuent dangereusement.

Votre bébé à naître présente un retard de croissance intra-utérin (RCIU) important, conséquence d’une souffrance fœtale chronique. Bébé grossira alors mieux à l’extérieur, avec tous les soins adéquats.

Femme enceinte ouverture pour césarienne

Un obstacle identifié s’opposerait de toute façon à la naissance de votre bébé par la voie vaginale. Il peut par exemple s’agir d’un placenta praevia, c’est-à-dire d’un placenta qui recouvre le col de l’utérus.

Enfin, si vous êtes infectée par le virus de l’herpès génital, accoucher par voie basse exposerait votre enfant à un risque de contamination. Les femmes enceintes touchées par le VIH peuvent elles aussi s’avérer concernées par cette situation.

La césarienne est-elle toujours inéluctable ?

Selon les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, le taux de césarienne ne devrait pas dépasser 15 %. Au-delà de ce chiffre, la mortalité maternelle et néonatale, que l’opération vise à empêcher, cesse en effet de diminuer.

Avec 5 % d’interventions « en trop », la France a matière à s’interroger. Si certaines césariennes s’imposent, de nombreux cas sont plus ouverts. Certains cas équivalent peuvent conduire, à situation obstétricale égale, à des décisions diamétralement opposées…

Les mamans dont les bébés se présentent en siège plutôt que par la tête, ou encore les femmes enceintes de jumeaux, en font partie. Celles qui ont déjà subi une césarienne aussi, bien que le slogan « Césarienne un jour, césarienne toujours » soit aujourd’hui dépassé !

L’association Césarine, dédiée au soutien et à l’information autour de la césarienne, insiste sur la possibilité d’un AVAC (« accouchement par voie basse après une césarienne »). Elle rappelle ainsi qu’un utérus cicatriciel ne constitue plus une contre-indication à un accouchement par voie vaginale. Et ce même après deux césariennes.

Le site de l’association met par ailleurs en avant, pour l’ensemble des situations, l’influence majeure du type d’établissement sur le taux de césarienne. Les chiffres sont clairs : les établissements de niveau 3 ont tendance à réaliser des chirurgies « de sécurité », dont les maternités de niveau inférieur s’abstiennent.

coupe cordon accouchement

Par ailleurs, les cliniques privées opèrent plus volontiers les parturientes que les établissements publics. La césarienne étant plus lucrative que l’accouchement naturel, les intérêts financiers s’ajoutent alors aux critères obstétricaux.

Ces femmes qui refusent d’accoucher par voie basse

Si elle est le plus souvent décidée par le corps médical, la césarienne peut cependant relever d’un choix maternel. De fait, certaines femmes enceintes la souhaitent vivement, voire la demandent expressément. Par exemple au Brésil, la naissance par chirurgie est un véritable marqueur social et plus de 85 % des bébés voient le jour de cette façon ! 

Également possible en France, la césarienne « sur demande maternelle » y recouvre cependant des situations très différentes, toujours selon l’association Césarine. Les motivations des femmes qui la choisissent sont diverses. La peur d’accoucher par voie basse ou le désir de protéger l’enfant d’une expérience potentiellement violente en font partie.

La volonté de planifier la naissance pour des raisons pratiques est également évoquée. Enfin, une fragilité psychologique ou une histoire personnelle teintée d’abus sexuels peuvent inciter certaines femmes enceintes à préférer la césarienne.

Conclusion

Choisie ou subie, incontournable ou négociable, en urgence ou programmée, la césarienne est un indicateur culturel et révèle la diversité des pratiques obstétricales. À vous d’échanger avec l’équipe médicale de votre maternité pour comprendre ses options et exprimer vos souhaits !

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