Les étapes du suivi de grossesse

​Votre test de grossesse est positif, et vous voilà engagée dans la grande aventure de la maternité. Mais attention, vous êtes sous étroite surveillance ! En France, le suivi de grossesse implique en effet des rendez-vous réguliers, entre consultations médicales, échographies et examens biologiques. Zoom sur toutes les étapes qui vous attendent.

​Les sept consultations prénatales

​Le suivi de grossesse comprend sept consultations médicales. La première intervient au cours du premier trimestre. Les suivantes ont lieu tous les mois à partir du deuxième trimestre.

Ces consultations ont lieu dans les maternités, dans des cabinets libéraux ou encore dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI). En fonction de vos choix et de votre profil médical, elles peuvent être assurées soit par un médecin (indispensable en cas de grossesse pathologique) soit par une sage-femme.

​Le contenu d’une consultation prénatale

​À chaque consultation, on vous demandera de monter sur la balance. L’objectif : s’assurer que votre prise de poids se situe dans la moyenne. Si votre indice de masse corporelle (IMC) est normal, vous pouvez prendre entre huit et douze kilos durant votre grossesse. En revanche, une prise de poids trop faible ou trop importante peut engendrer des risques pour votre santé ou celle de votre futur bébé.

Les rendez-vous prénataux constituent également l’occasion de vérifier votre tension artérielle. Pendant la grossesse, celle-ci est naturellement plus basse que la normale. En revanche, si votre tension s’élève trop, elle peut indiquer une pré-éclampsie. Cette complication grave, qui apparaît à partir de 20 semaines d’aménorrhée, nécessite une prise en charge rapide.

Dès le quatrième mois de grossesse, votre médecin ou votre sage-femme mesure votre hauteur utérine l’aide d’un centimètre de couturier. La hauteur utérine est la distance qui sépare la partie supérieure du pubis du fond de l’utérus. Elle doit augmenter régulièrement au fil des mois : de 20 cm en moyenne à quatre mois de grossesse, elle passe à 30 cm à l’approche du terme.

La consultation de grossesse permet également d’évaluer de la vitalité du fœtus : grâce à un stéthoscope à ultrasons, le praticien vérifie que son cœur bat correctement. Il vous interroge par ailleurs sur les mouvements de votre futur bébé, que vous percevez généralement dès le deuxième trimestre.

Enfin, le praticien s’assure que vos contractions utérines, normales pendant la grossesse, restent rares, irrégulières et indolores. Dans le cas contraire, vous pouvez présenter une menace d’accouchement prématuré (MAP), situation qui nécessite un repos absolu.

​Les particularités de l’examen du neuvième mois

​Dernier examen de votre grossesse, la consultation du neuvième mois permet d’anticiper certains aspects de l’accouchement.

Votre médecin ou votre sage-femme s’informe ainsi de la présentation de votre bébé. Idéalement, celui-ci doit être positionné tête en bas. Cependant, une présentation en siège, c’est-à-dire par les fesses, n’exclut pas un accouchement par voie basse. Dans ce cas, on vous proposera peut-être de pratiquer une version : cette manœuvre consiste à retourner le fœtus en le manipulant à travers votre ventre.

Votre praticien évalue par ailleurs la quantité de liquide amniotique : si elle est trop faible, elle peut nuire au développement du bébé. Il examine également votre col de l’utérus : à ce stade de la grossesse, celui-ci présente souvent déjà des modifications, voire commence à s’ouvrir, se préparant à l’accouchement.

Si vous avez déjà des enfants, le praticien vous interroge sur le déroulement de vos accouchements précédents. Enfin, si votre grossesse présente des risques particuliers, ou encore si votre bébé s’annonce de poids élevé, il peut évoquer avec vous la possibilité d’une césarienne.

​Les examens biologiques

​Les examens urinaires

​Lors de chaque visite prénatale, on vous demandera de subir un prélèvement d’urine au moyen d’une bandelette réactive. Ce test de routine vise à déceler une protéinurie (présence anormale de protéines dans l’urine) ou une glycosurie (présence de sucre dans l’urine).

La protéinurie est parfois signe d’une infection urinaire, plus fréquente chez les femmes enceintes, ou, plus gravement, d’une fonction rénale altérée. La glycosurie, elle, peut s’avérer normale ou non, indiquant alors un diabète gestationnel, une pathologie à ne pas négliger. Si vous êtes dans ce cas, vous bénéficierez d’un suivi particulier et vous devrez observer un régime alimentaire spécifique.

​Les examens sanguins

​​En début de grossesse, vous subissez des prélèvements sanguins afin de déterminer, en vue de l’accouchement, votre groupe sanguin et votre facteur rhésus. On vérifie par ailleurs l’absence de maladies sexuellement transmissibles, dangereuses pour le bébé, comme le VIH, la syphilis et l’hépatite B.

Mais la prise de sang sert également à détecter l’anémie, plus fréquente chez les femmes enceintes. Et enfin, elle permet de connaître votre statut sérologique par rapport à la toxoplasmose et à la rubéole.

La toxoplasmose est une infection parasitaire très dangereuse pour votre bébé à naître. Si vous ne l’avez jamais contractée et que vous n’êtes donc pas immunisée, vous devrez prendre des précautions particulières, notamment alimentaires.

La rubéole peut causer des malformations fœtales. Si vous ne l’avez jamais eue, des prises de sang régulières permettront de s’assurer de l’absence de contamination jusqu’à la fin de la grossesse.

​Les trois échographies de grossesse

​Le suivi de grossesse comporte classiquement trois échographies. Dans certains cas, une échographie anticipée peut les précéder : elle permet de procéder à la datation précoce de la grossesse, ou encore de vérifier la viabilité de celle-ci, par exemple en cas de saignements.

La première échographie a lieu entre onze et quatorze semaines d’aménorrhée. Elle vise essentiellement à confirmer la présence d’un embryon et à dater la grossesse. Avec votre accord, cette échographie constitue par ailleurs la première étape du dépistage de la trisomie 21, par la mesure de la clarté nucale (l’espace, empli de liquide, qui se situe au niveau de la nuque de l’embryon).

La deuxième échographie a lieu entre la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée. Elle permet de suivre l’évolution et la croissance de votre futur bébé ainsi que de dépister certaines malformations au niveau du cerveau, du visage ou des organes. Si vous le désirez, cette échographie est également l’occasion d’apprendre le sexe de votre futur enfant.

Enfin, la troisième et dernière échographie de grossesse s’effectue autour de 32 semaines d’aménorrhée. Elle permet, comme la précédente, de vérifier la croissance et de la vitalité de votre bébé, mais aussi d’estimer son poids de naissance en vue de l’accouchement. L’échographiste s’assure également, bien sûr, de la position du bébé, qui doit s’orienter vers la sortie.

​Conclusion

​Pour observer l’évolution de votre futur bébé et protéger sa santé et la vôtre, vous bénéficiez d’un suivi de grossesse rapproché. Profitez-en pour poser toutes vos questions, et surtout soyez rassurée : vous êtes entre de bonnes mains !

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