Ovaires polykystiques : comprendre le syndrome

​Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche entre 5 et 10 % des femmes en âge de procréer. Également appelé dystrophie ovarienne ou encore syndrome de Stein-Leventhal, ce trouble endocrinien influe fortement sur l’ovulation et donc sur la fertilité. Dans certains cas, il peut même empêcher une grossesse. Vous vous posez des questions sur votre propre situation ? Le point sur le SOPK, ses manifestations et ses traitements.

​Comprendre les symptômes des ovaires polykystiques

​Le syndrome des ovaires polykystiques a de nombreux visages, et les femmes touchées présentent des symptômes de forme et d’intensité très variables.

​Une faible fertilité, un signe fréquent de SOPK

​Les problèmes de règles font partie des signes les plus communs du SOPK. Vos menstruations peuvent être particulièrement abondantes, ou encore très irrégulières, sinon totalement absentes. En fonction de leur intensité, ces symptômes témoignent d’une difficulté voire d’une impossibilité à ovuler.

50 % des femmes touchées par le syndrome des ovaires polykystiques se découvrent une infertilité lorsqu’elles tentent de concevoir leur premier bébé. Et 25 % échouent à tomber enceintes malgré des antécédents de grossesse.

Mal de ventre femme menstruations

Les effets du syndrome des ovaires polykystiques sur votre apparence

Le SOPK est très souvent associé à un surpoids ou même à une obésité. Si vous subissez des analyses de sang, les résultats montreront peut-être des taux de sucre sanguin trop élevés, signe d’une résistance à l’insuline, fréquente en cas de SOPK.

Mais le syndrome se manifeste également sur la peau. Cette acné rebelle qui vous gâche la vie en est peut-être le signe, tout comme les acrochordons  — ces petites excroissances de chair, bénignes mais inesthétiques, qui se développent parfois au niveau du cou ou des aisselles.

Votre épiderme présente peut-être aussi des zones sombres et épaisses. Cette affection, appelée acanthosis nigricans, se situe principalement dans les replis cutanés, au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine.

En cas de SOPK, la pilosité fait également des siennes. Souvent excessive, elle peut aller jusqu’à l’hirsutisme et atteindre le visage, vous contraignant à jouer du rasoir. Enfin, souffrir d’anxiété ou de dépression n’est pas rare chez les femmes concernées par le syndrome des ovaires polykystiques.

Le SOPK a donc des répercussions à tous les niveaux.

​Un syndrome difficile à diagnostiquer

Femme tenant une pendule : retard des règles

​Malgré des symptômes plutôt voyants, le SOPK n’est parfois détecté que très tardivement. En effet, il se trouve fréquemment masqué par les hormones de synthèse contenues dans les moyens de contraception hormonaux : si vous prenez la pilule depuis votre adolescence, il est fort probable que vous ignorez tout de votre cycle menstruel naturel…

C’est donc souvent seulement quand le désir d’enfant se fait sentir, mais que la grossesse ne vient pas, que des ovaires polykystiques sont soupçonnés. Le syndrome est alors découvert à l’occasion d’un bilan de fertilité.

​Comment déceler le SOPK ?

​Actuellement, le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques s’établit à partir des critères dits de Rotterdam. Ces critères sont au nombre de trois, mais deux suffisent pour conclure à la présence du SOPK :

  • des problèmes de règles et donc d’ovulation. On considère les cycles menstruels trop courts (moins de 21 jours) ou trop longs (plus de 35 jours) comme anovulatoires.
  • une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d'hormones sexuelles masculines. L’hyperandrogénie peut être décelée par des signes physiques (acné, hirsutisme) ou par le biais d’une analyse sanguine.
  • de gros ovaires  (de plus de 10 ml de volume) contenant au moins douze follicules. Un follicule  ovarien est une petite poche dans laquelle grossit un ovocyte avant d’être libéré par l’ovaire lors de l’ovulation. En cas de SOPK, les follicules s’accumulent dans les ovaires sans jamais se développer suffisamment pour que l’ovulation se produise… Le nombre de follicules présents dans les ovaires s’observe grâce à une échographie endovaginale.

​Le syndrome des ovaires polykystiques, ça se guérit ?

​Le syndrome des ovaires polykystiques n’est pas une maladie dont on pourrait guérir. C’est un faisceau de symptômes dont les causes premières sont encore mal connues. Mais bien que cette condition soit actuellement considérée comme permanente, agir demeure toujours possible.

Les différentes mesures et traitements visent à soulager les symptômes gênants pour améliorer votre bien-être au quotidien, ainsi qu’à augmenter la fertilité des femmes qui souhaitent avoir un bébé.

Femme enceinte horloge

Mais il s’agit également de réduire le risque de complications. Le SOPK vous rend en effet plus vulnérable aux pathologies cardiovasculaires, au diabète de type 2, aux problèmes de cholestérol ou encore à l’hypertension. Il favoriserait aussi l’apnée du sommeil et certains cancers féminins.

​Des mesures hygiéno-diététiques contre le SOPK

Le surpoids associé au SOPK peut être combattu grâce à des mesures hygiéno-diététiques. Parmi vos priorités, manger moins et moins sucré. N'oubliez pas de bouger davantage en intégrant une activité physique régulière à votre vie.

En perdant au moins 5 % de leur masse corporelle, les femmes atteintes par le SOPK améliorent leur fertilité et leur santé générale. Si vous êtes en aménorrhée complète, mincir peut vous permettre de retrouver des cycles ovulatoires.

Améliorer votre alimentation et votre mode de vie est également très important pour limiter la résistance à l’insuline. Mais si la glycémie ne s’améliore pas, un traitement médicamenteux par metformine sera probablement envisagé.

​Des traitements hormonaux pour atténuer les symptômes physiques

​Les manifestations physiques du syndrome des ovaires polykystiques, comme l’acné et l’hirsutisme, peuvent être atténuées par la prise ou la reprise d’une contraception hormonale adaptée.

Si vous êtes concernée par ce type de symptômes, votre médecin vous proposera sans doute de mettre vos ovaires aux repos. Un traitement œstroprogestatif réduira votre production d’androgènes.

​Des solutions contre l’hypofertilité

​Si vous souhaitez concevoir un enfant mais que votre fertilité s’avère diminuée, vous suivrez également un traitement hormonal. Le citrate de clomifène, un inducteur d’ovulation, est le médicament prescrit en première intention.

En cas d’échec des traitements hormonaux, d’autres options vous seront proposées, comme le drill. Cette opération chirurgicale consiste à percer l’ovaire afin de l’aider à mieux fonctionner. Dans le cas d'un SOPK, la surface des ovaires est en effet souvent plus épaisse que la normale, ce qui gêne la libération des ovocytes.

En dernier recours, une fécondation in vitro (FIV) peut permettre aux femmes souffrant de SOPK de réaliser leur projet de maternité.

​Conclusion

​Répandu mais encore mystérieux, le syndrome des ovaires polykystiques peut avoir de sérieuses conséquences sur votre santé et sur votre fertilité. Pour profiter d’un traitement adapté à vos symptômes et à vos éventuels projets de grossesse, un bon suivi médical est essentiel. Prenez soin de vous !

Laissez un commentaire 0 commentaires

Laissez un commentaire: