Péridurale : tout savoir avant votre accouchement

Certaines futures mamans ne conçoivent pas leur accouchement sans elle, d’autres l’excluent expressément de leur projet de naissance. Réponse médicale à la douleur des contractions, l’anesthésie péridurale est un choix personnel, mais suscite aussi fantasmes et questions. On vous donne les réponses pour tout savoir avant le jour J !

Péridurale : pour un accouchement sans douleur ?

Vous redoutez les douleurs du travail et de l’accouchement ? Reçue par quatre femmes sur cinq dans les maternités françaises, l’analgésie péridurale est probablement le moyen le plus efficace de les soulager. Elle consiste à injecter un anesthésique local dans l’espace péridural, situé entre les vertèbres et la dure-mère (membrane protégeant la moelle épinière).

Réalisée dans le bas du dos, cette anesthésie dite locorégionale agit sur la zone du bassin afin de bloquer l’influx nerveux. Une quinzaine de minutes après la pose de la péridurale, vos sensations douloureuses s’estompent, sans que votre état de conscience soit altéré.

Mais mieux vaut le savoir : malgré ses performances, la péridurale ne permet pas toujours d’éviter toute douleur… Car avant de recevoir la fameuse piqûre, vous devrez gérer vos premières contractions, au moins jusqu’à votre arrivée à la maternité - et parfois un peu plus longtemps.

En effet, dans de nombreux établissements, la péridurale n’est pas systématiquement donnée à la future maman aussitôt qu’elle la réclame. Il est fort possible qu’on vous demande d’attendre que votre col de l’utérus soit ouvert à trois centimètres avant d’appeler l’anesthésiste.

À l’inverse, votre accouchement peut également se dérouler trop rapidement pour que vous ayez le temps de recevoir l’injection. Si vous êtes déjà proche de la dilatation complète, c’est souvent trop tard : que vous le vouliez ou non, vous aurez un accouchement naturel…

Les échecs de l’anesthésie

Toutes les femmes enceintes ne réagissent pas de la même façon à l’anesthésie : dans 10 à 25 % des cas, la péridurale ne produit pas les effets escomptés. Il arrive aussi qu’elle n’agisse que d’un seul côté du bassin. Chez certaines femmes, une fine membrane divise en effet l’espace péridural, empêchant la diffusion complète du produit…

Pour parer à toute éventualité le jour J, ne négligez donc pas le recours à des techniques alternatives : acupuncture, auto-hypnose, sophrologie… Et ne faites pas l’impasse sur les cours de préparation à l’accouchement !

La péridurale est-elle sans risque ?

Paralysie, douleurs chroniques… De nombreux mythes, parfois effrayants, circulent sur les effets secondaires de la péridurale. En réalité, comme pour toute technique médicale, les avantages de cette anesthésie se doublent effectivement de quelques bémols. À vous de peser les « pour » et les « contre » :

En plus de réduire la douleur, la péridurale permet à la future maman de se reposer, en particulier si le travail est très long. Avec une péridurale bien dosée, vous pouvez même dormir ! Si vous présentez un profil particulier (hypertension, épilepsie, problème cardiaque…), la péridurale constitue même un moyen d’éviter certaines complications, en réduisant le risque de crise.

Cependant, la péridurale influe parfois considérablement sur le déroulement de l’accouchement. En supprimant une douleur mal vécue, elle peut entraîner une médicalisation pas toujours désirée. Si l’anesthésie est trop forte, la future maman n’éprouve plus assez de sensations pour faire naître son bébé par la poussée. Le recours aux instruments (forceps, ventouse) peut alors s’imposer.

Des effets secondaires sans gravité sont par ailleurs susceptibles de survenir après un accouchement sous péridurale. Maux de tête passagers et, moins fréquemment, maux de dos, sont parfois évoqués par les jeunes mamans. Les effets indésirables très graves (convulsions, arrêt cardiaque…) sont heureusement extrêmement rares.

Peu de contre-indications à l’anesthésie

La majorité des femmes qui le souhaitent peuvent bénéficier de l’analgésie péridurale. Les contre-indications formelles sont rares. Et contrairement aux idées reçues, les tatouages dans la région lombaire n’en font pas partie. Le passage de l’aiguille n’entraînant pas l’encre avec lui, le risque de complications est donc inexistant.

En cas de maladie neurologique, votre dossier sera étudié afin de déterminer si l’anesthésie peut vous être administrée. En cas de troubles de la coagulation, facteur d’hématome, l’anesthésiste considérera également la balance bénéfices-risques. Vous ne recevrez par contre pas de péridurale si vous souffrez d’une forte fièvre le jour J. De même si la zone à piquer présente une plaie ou un abcès.

Au huitième mois de grossesse, la consultation d’anesthésie vous permettra de faire le point sur la péridurale et d’éliminer toute contre-indication éventuelle. Que vous souhaitiez ou non accoucher sans péridurale, il s’agit d’un rendez-vous obligatoire. En effet, un changement d’avis ou une urgence exigeant une anesthésie sont toujours possibles en salle d’accouchement !

L’anesthésiste examinera notamment votre dos : une scoliose ou encore une hernie discale fera l’objet d’une mention dans votre dossier. Vous ferez alors l'objet d'une attention particulière lors de la pose de la péridurale, si vous la souhaitez.

La pose de la péridurale en pratique

Poser une péridurale est un geste médical qui nécessite le respect d’un protocole. Si vous ne savez pas à quoi vous attendre, en voici les étapes principales :

• Après s’être assurée de votre consentement à la péridurale, votre sage-femme vérifie que votre dossier médical ne mentionne pas de contre-indications.

• Elle vous fait ensuite enfiler la tenue indispensable : une charlotte sur la tête, afin de réduire le risque d’infection, et une blouse ouverte dans le dos.

• Vous pouvez alors vous installer pour la pose de la péridurale, généralement assise, parfois allongée sur le côté.

• L’anesthésiste vous invite à courber le dos, tête baissée, afin de repérer l’espace intervertébral où il posera le cathéter (le petit tube qui servira de conduit au produit anesthésiant).

• Le médecin procède ensuite à une désinfection, puis à une anesthésie locale de votre peau sur la zone à piquer.

• Il introduit enfin son aiguille dans l’espace péridural afin d’y placer le cathéter, qui sera maintenu en place par un pansement. Cette étape peut durer plus ou moins longtemps, en fonction notamment de l’intensité et de la fréquence de vos contractions. Elle nécessite en effet une parfaite immobilité…

• Tout en contrôlant votre rythme cardiaque et votre tension, le médecin vous injecte alors le produit anesthésiant par l’intermédiaire du cathéter.

La péridurale, une technique à plusieurs visages

Classiquement, lorsque la future maman reçoit une péridurale, elle est entièrement prise en charge par le personnel médical. Elle est également contrainte de rester alitée jusqu’à la naissance de son bébé. Mais dans certaines maternités, des péridurales un peu spéciales vous autorisent à reprendre le contrôle de votre accouchement.

Également nommée AECP (Analgésie Épidurale Contrôlée par la Patiente), la péridurale autodosée vous permet de gérer vous-même la délivrance de l’anesthésique. Dès que vous en ressentez le besoin, vous appuyez sur un bouton pour soulager votre douleur. Un système de contrôle intégré prévient tout surdosage.

Apparue dans les années 1990, la péridurale ambulatoire, elle, accomplit la prouesse de concilier anesthésie et mouvement. En favorisant la marche et les positions verticales, elle facilite la dilatation du col de l’utérus et la descente de votre bébé.

Mais la péridurale ambulatoire permet également aux futures mamans de choisir librement leur position d’accouchement - un vœu très présent dans les projets de naissance. Elle participe ainsi pleinement à la réussite psychologique de ce moment vraiment unique.

Si ces techniques vous intéressent, à vous de vous renseigner sur les établissements qui les proposent. Si vous rédigez un projet de naissance, ces dispositions pourront en faire partie.

L’anesthésie locorégionale au service de la césarienne

En France, environ 10 % des césariennes s’effectuent actuellement sous une simple anesthésie péridurale. Tout comme la rachi-anesthésie (qui bloque le mouvement en plus de la sensation), la péridurale permet d’avoir une césarienne sans perte de conscience. Elle s’avère par ailleurs moins risquée qu’une opération sous anesthésie générale.

Si vous bénéficiez d’une péridurale en cours de travail, mais que votre accouchement rencontre une complication, vous n’aurez donc pas nécessairement besoin d’anesthésie supplémentaire avant l’intervention. Notez enfin que la péridurale est parfois posée de façon préventive, au cours de certains accouchements à fort risque de césarienne.

Conclusion

Pas toujours sans reproche, l’anesthésie péridurale reste une technique sûre et une solution efficace aux douleurs de l’accouchement. Et si le recours à cette anesthésie se joue pleinement le jour J, y réfléchir en amont permet de faire un choix plus éclairé. Bonne réflexion !

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