Post-accouchement : les désagréments les plus fréquents

​Après les petits maux de la grossesse et les douleurs de l’accouchement, vous pensiez en avoir fini avec les désagréments ? Et bien peut-être pas… : si certaines jeunes mamans nagent dans le bonheur une fois leur bébé dans les bras, pour beaucoup d’autres, la période post-accouchement est plus nuancée. De la cicatrice qui tiraille au baby blues, les « suites de couches », comme on les appelle, apportent souvent leur lot de symptômes gênants. Le point sur les plus fréquents.

​Les inévitables saignements post-accouchement

​Après l’accouchement, l’utérus, abîmé par le placenta, a besoin de cicatriser. Mais pour cela, il doit d’abord se nettoyer. Il élimine donc pêle-mêle des débris de muqueuse, des caillots de sang et des sécrétions diverses. Également appelées lochies, ces pertes tout à fait normales peuvent durer jusqu’à trois semaines. D’abord d’aspect sanglant, elles s’éclaircissent ensuite au fil des jours avant de disparaître complètement.

Les lochies ne sont ni douloureuses ni dangereuses. Elles nécessitent simplement l’utilisation d’une bonne protection hygiénique externe, notamment durant les premiers jours post-accouchement, où elles s’avèrent souvent particulièrement importantes. Cependant, si vos pertes prennent une mauvaise odeur, consultez : il peut s’agir d’un signe d’infection.

​Le petit retour de couches

​Une douzaine de jours après votre accouchement, vos lochies peuvent s’intensifier, et prendre une forme abondante et rouge qui rappelle les règles. Mais malgré les apparences, ce phénomène, qu’on appelle le « petit retour de couches », ne marque pas le retour de vos cycles menstruels. Il témoigne simplement de la chute des hormones de grossesse.

En l’absence d’allaitement, le véritable retour de couches n’intervient en effet que six à huit semaines après la naissance du bébé. Et si vous donnez le sein, vous pouvez même rester de longs mois sans revoir vos règles.

​Périnée : petits et grands désagréments

​Avoir un enfant met le périnée (l’ensemble de muscles qui s’étend de la vulve à l’anus) à rude épreuve. Dès la grossesse, l’utérus pèse lourdement sur cette région du corps, tandis que des hormones spécifiques en assouplissent les ligaments. Et après un accouchement par voie basse, le périnée, distendu par le passage du bébé, présente un relâchement encore plus important.

Comme les lochies, ce phénomène est tout à fait normal. Toutefois, il peut s’accompagner de symptômes gênants. De nombreuses jeunes mamans subissent ainsi des fuites urinaires durant leurs suites de couches. Certaines éprouvent par ailleurs une sensation de béance au niveau de la vulve. Les femmes peuvent également constater une diminution transitoire de leurs sensations lors de l’acte sexuel.

​Les bienfaits de la rééducation périnéale

​Pour permettre à votre corps de bien récupérer, évitez le port de charges lourdes dans les semaines suivant la naissance de votre bébé. Par ailleurs, ne faites pas l’impasse sur les séances de rééducation du périnée (une dizaine en moyenne) qu’on vous a certainement prescrites à la maternité.

Effectuée quatre à six semaines après l’accouchement, avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, la rééducation périnéale est prise en charge par la sécurité sociale. Elle permet de retrouver une bonne tonicité musculaire grâce à des exercices ciblés. Mais cette gymnastique particulière contribue également à limiter le risque de souffrir d’’incontinence plus tard.

​La descente d’organes, une complication à ne pas négliger

​Chez certaines femmes, la distension du périnée due à la grossesse puis à l’accouchement peut causer un prolapsus génital. Plus couramment nommé descente d’organes, ce phénomène pathologique consiste en un glissement vers le bas de la vessie, de l’utérus ou, plus rarement, du rectum. Les femmes concernées décrivent une sensation de gêne ou de lourdeur. Dans les cas les plus sérieux, l’organe concerné peut même dépasser de la vulve ou de l’anus.

Le risque de prolapsus augmente chez les femmes qui ont connu plusieurs grossesses, chez les jeunes mères en surpoids, et après un accouchement difficile — un accouchement long, une déchirure du périnée, l’utilisation d’instruments (comme les forceps) ou encore un bébé de poids important constituent ainsi des facteurs favorisants.

La rééducation périnéale suffit parfois à réduire la descente d’organes. Mais dans certains cas, une chirurgie peut s’avérer nécessaire.

​Les différentes douleurs post-accouchement

​Si accoucher peut faire très mal, pour certaines futures mamans, les douleurs physiques ne s’arrêtent malheureusement pas avec l’arrivée de leur enfant.

​Les douleurs liées aux sutures

​Des interventions comme l’épisiotomie et la césarienne constituent des sources fréquentes de gêne après la naissance d’un bébé : vos cicatrices tiraillent ou démangent, et vos points de suture, encore tout frais, peuvent vous donner du fil à retordre. Après une épisiotomie ou même suite à une simple déchirure du périnée, de nombreuses femmes ne supportent pas immédiatement la position assise.

Si vous souffrez, n’hésitez pas à vous faire prescrire des antalgiques. Des poches de froid ou encore l’utilisation d’une bouée spéciale, qui permet d’éviter toute pression sur la zone génitale, réduisent également la douleur.

​Les douleurs utérines

​Non, les contractions ne sont pas réservées à la grossesse ! Après la naissance d’un enfant, l’utérus se contracte afin de retrouver sa taille initiale : on dit qu’il involue. Ces contractions, connues sous le nom de tranchées, passent inaperçues chez certaines femmes. Mais elles peuvent s’avérer très douloureuses chez d’autres jeunes mamans, et sont généralement plus intenses s’il ne s’agit pas d’une première grossesse.

Par ailleurs, l’allaitement maternel accentue souvent les tranchées. C’est en effet durant les tétées que les contractions se font le plus présentes, favorisées par les hormones de la lactation : lorsque vous donnez le sein à votre bébé, votre corps sécrète en effet de l’ocytocine, l’hormone qui vous a donné vos contractions de travail…

​Les douleurs de l’allaitement

​Certaines jeunes mamans pourtant bien déterminées à nourrir leur bébé au sein éprouvent rapidement des douleurs, parfois importantes, lorsque celui-ci tète. Sachez que contrairement aux légendes urbaines, avoir mal en allaitant n’a rien de normal. Si des crevasses se forment sur vos mamelons, contactez rapidement une association de soutien à l’allaitement ou rapprochez-vous d’un consultant en lactation certifié. Un problème de position ou de succion peut être à l’origine de vos douleurs.

La sensation de chaleur et de compression, parfois très désagréable, qui accompagne la montée de lait, est en revanche tout à fait normale. Des massages, l’application de poches froides sur les seins ainsi que des tétées fréquentes permettent de la soulager.

​Le baby blues, un phénomène fréquent

​Pleurs, sautes d’humeur, montagnes russes émotionnelles… Redouté, le célèbre baby blues concernerait jusqu’à 70 % des jeunes mamans. Dû à la chute brutale des hormones de grossesse après l’accouchement, il est accru par le stress et le manque de sommeil.

Parfois appelée « blues du troisième jour », cette baisse de moral apparaît généralement au troisième jour après l’accouchement. Si vous la vivez, gardez courage : elle ne dure pas plus de deux ou trois semaines.

​La dépression du post-partum, une souffrance à ne pas négliger

​Quand la déprime est très intense et qu’elle s’installe dans la durée, on ne parle plus de baby blues, mais de dépression du post-partum. Touchant jusqu’à 20 % des femmes après la naissance de leur bébé, la dépression du post-partum peut durer plusieurs mois. Afin d’éviter qu’elle ne devienne chronique, une prise en charge sérieuse s’impose, associant la prise d’un médicament et une thérapie mère-enfant.

​Conclusion

​Physiques ou psychologiques, les désagréments du post-accouchement dépendent grandement de la façon dont s’est déroulée la naissance de votre bébé, mais également votre grossesse. Si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à demander de l’aide : en cas de baby blues qui dure ou de douleurs trop vives, vous méritez un suivi particulier.

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