Problèmes de thyroïde et grossesse : tout ce qu’il faut savoir

Petite glande située à la base du cou, la thyroïde produit des hormones essentielles pour le métabolisme et pour le fonctionnement des organes vitaux. Et durant la grossesse, elle est particulièrement sollicitée… Au point, parfois, de dysfonctionner. Qu’elle fabrique soudain trop d’hormones (hyperthyroïdie) ou au contraire pas assez (hyperthyroïdie), la thyroïde peut affecter la santé de la future maman et de son bébé. 

Le point pour tout savoir.

Problèmes de thyroïde et grossesse : une combinaison risquée

Au cours de la grossesse, votre glande thyroïde doit non seulement répondre à vos propres besoins, mais également à ceux de votre bébé à naître. En effet, la thyroïde du fœtus ne commence à fonctionner qu’à la fin du premier trimestre. C’est donc d’abord la thyroïde de sa maman qui lui apporte les hormones nécessaires.

Femme problème thyroïde mal de gorge

Et pour cela, la thyroïde maternelle doit augmenter sa propre production d’hormones. Mais chez environ 5 % des futures mamans, elle n’y parvient pas correctement. La grossesse induit alors une hypothyroïdie ou, plus rarement, une hyperthyroïdie.

Par ailleurs, votre thyroïde et celle de votre enfant ont besoin d’iode pour bien fonctionner. Et comme votre organisme doit les alimenter toutes les deux, une carence peut parfois survenir. Lorsqu’elle est importante, la carence en iode nuit au fonctionnement de la thyroïde, parfois jusqu’à créer un goitre, c’est-à-dire une augmentation du volume de la glande.

Les conséquences sur la mère et le bébé

Les futures mamans atteintes de troubles de la thyroïde sont plus susceptibles que les autres de développer certaines pathologies durant leur grossesse.

En cas d’hypothyroïdie, une pré-éclampsie peut notamment apparaître : associée à une hypertension et à des protéines dans les urines, cette pathologie peut entraîner des complications mortelles lorsqu’elle n’est pas très traitée.

Les femmes enceintes dont la thyroïde fonctionne mal, que celle-ci soit en sur-régime ou au contraire trop paresseuse, présentent par ailleurs plus de risques de subir une fausse couche. Plus tard dans la grossesse, les accouchements prématurés sont également plus fréquents.

Du côté du futur bébé, une défaillance cardiaque, voire un décès in utero, peut survenir en cas d’hyperthyroïdie maternelle. À la naissance, l’enfant manifeste parfois lui-même les signes de la maladie - mais heureusement, ces derniers disparaissent de façon spontanée après quelques semaines.

En cas d’hypothyroïdie, le bébé à naître peut souffrir d’atteintes neurologiques ou encore présenter un retard de croissance. L’hypothyroïdie congénitale, qui atteint environ 1 nouveau-né sur 3000, nuit au développement psychomoteur. Elle peut également causer une hypothermie et une constipation.

Comment reconnaître un dysfonctionnement de la thyroïde ?

Des crampes, une peau plus sèche, un rythme cardiaque ralenti ? Une constipation importante, des jambes qui gonflent ou encore une prise de poids excessive, même pour une femme enceinte ? Si certains de ces phénomènes sont courants pendant la grossesse, ils peuvent également manifester une hypothyroïdie. Si vous les présentez, parlez-en à votre médecin.

En revanche, si vous avez froid sans raison, si vos humeurs sont trop changeantes et si votre rythme cardiaque augmente, une hyperthyroïdie est peut-être à craindre. De même si votre poids n’augmente pas comme il le devrait, si votre appétit fluctue et si vous vomissez beaucoup.

Femme portant un chandail tenant un café chaud

Mais les problèmes de thyroïde peuvent aussi rester silencieux. Les femmes enceintes les plus à risque de les développer font donc l’objet d’un dépistage systématique. Vous êtes concernée si :

• vous êtes âgée de plus de 30 ans ;
• une maladie auto-immune (par exemple un diabète de type 1) vous affecte ;
• vous êtes en surpoids ;
• vous avez des antécédents personnels ou familiaux de pathologie thyroïdienne ou de goitre.

Le dépistage des dysfonctionnements de la thyroïde s’effectue par le biais d’une prise de sang. Il permet de mesurer la TSH (ou thyréostimuline) : émise par l’hypophyse, une glande située à la base du cerveau, cette hormone fondamentale contrôle la production des hormones thyroïdiennes.

Normalement, le taux de TSH d’une femme enceinte doit être compris entre 0,4 et 2,5 mUI/L. Si les valeurs mesurées sont supérieures, vous présentez probablement une hypothyroïdie. Si elles sont supérieures, c’est une hyperthyroïdie qu’il faut envisager.

Ce qu’il faut savoir sur les traitements thyroïdiens pendant la grossesse

De nombreux médicaments sont contre-indiqués durant la grossesse. Cependant, les futures mamans atteintes d’un dysfonctionnement de la thyroïde peuvent parfaitement bénéficier d’un traitement par hormones de synthèse.

Si vous souffrez d’hypothyroïdie, c’est la lévothyroxine qui vous sera prescrite. Sans danger pour le bébé à naître, cette hormone permettra de compenser celles que votre glande thyroïde ne produit pas. Votre taux de TSH sera surveillé très régulièrement afin d’adapter votre traitement si nécessaire.

Si vous souffrez d’hyperthyroïdie, votre praticien pourra vous prescrire un antithyroïdien de synthèse, à dose minimale. En fonction de vos symptômes, vous prendrez également des sédatifs ou des bêta-bloquants, ou encore des médicaments antiémétiques en cas de vomissements importants.

Les traitements s’avèrent très efficaces pour réduire les risques de complications pour la maman ainsi que les conséquences éventuelles de sa maladie sur son enfant.

Et le suivi du bébé ?

Maman, papa et bébé mains et pieds forme de coeur

Si vous présentez un dysfonctionnement de la thyroïde au cours de votre grossesse, votre futur bébé fera l’objet d’une surveillance échographique attentive. L’objectif : s’assurer qu’il ne développe pas de goitre, ce qui est heureusement rare.

Par ailleurs, à son troisième jour de vie, votre enfant bénéficiera d’un dépistage de l’hypothyroïdie congénitale. Depuis 1975, ce prélèvement de sang est réalisé chez tous les nouveau-nés, que leur maman ait ou non reçu un diagnostic d’hypothyroïdie.

Le dépistage permettra de mesurer la TSH de votre bébé. Si celle-ci ne se situe pas dans les normes, la mise en place d'un traitement hormonal par lévothyroxine sera effectuée : ce traitement protégera la croissance et le développement neurologique de votre enfant, et l’aidera à réguler sa température corporelle. Ce traitement doit être suivi jusqu’à la petite enfance.

Conclusion

Les dysfonctionnements thyroïdiens au cours de la grossesse peuvent avoir des conséquences importantes, pour la future maman comme pour l’enfant à naître. Heureusement, ils sont bien dépistés, et leur prise en charge s’avère généralement très efficace. Rapprochez-vous de votre médecin si vous vous inquiétez !

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