Toxoplasmose et grossesse : tout savoir pour l’éviter

Les résultats de votre prise de sang viennent d'arriver  : comme de nombreuses femmes enceintes, vous n'êtes pas immunisée contre la toxoplasmose... Potentiellement grave pour le futur bébé, cette infection parasitaire est à éviter absolument.

Mais comment  ? Faut-il ne manger que du cuit ou encore envoyer son chat vivre au vert  ? Toxoplasmose et grossesse : le point pour tout savoir !

Toxoplasmose et grossesse : qu’est-ce qu’on risque ?

Ni virale ni bactérienne, la toxoplasmose est une infection due à un parasite, Toxoplasma gondii. Généralement asymptomatique, elle n'entraîne de manifestations que chez 20 % des personnes infectées. Au tableau : fatigue, maux de tête, douleurs articulaires, ganglions et éruption de petits boutons roses.

Très courante, la toxoplasmose est contractée par environ 45 % des Français au cours de leur vie, le plus souvent dans l'enfance. Mais il existe aussi une toxoplasmose congénitale : chaque année, environ 2700 futures mamans sont concernées par la toxoplasmose en France, et 25 à 30 % d’entre elles transmettent cette infection parasitaire à leur enfant.

La toxoplasmose : infection parasite toxoplasma gondii

Chez la majorité des sujets adultes, la maladie est bénigne. Mais chez le bébé à naître, elle peut avoir de sérieuses conséquences : fausse couche, mort in utero, séquelles neurologiques, prématurité... Moins grave mais handicapante, la choriorétinite, une atteinte de la rétine, constitue la complication la plus souvent retrouvée. Sournoise, elle attend parfois l’adolescence voire l’âge adulte pour se manifester.

La transmission de la toxoplasmose au fœtus répond à une double logique : plus la maladie est contractée tôt dans la grossesse, moins elle se transmet. Le risque est de seulement 5 % au premier trimestre contre 40 % au deuxième trimestre et 70 % au troisième trimestre. Mais plus elle est contractée tard, moins les lésions sont importantes .

Toutes les mesures à prendre pour éviter la toxoplasmose

Enceinte, attention à la viande !

Le parasite Toxoplasma gondii ne contamine pas directement l'être humain : il est d’abord ingéré par les animaux. Il se retrouve ainsi dans leur viande, principal vecteur de contamination, notamment pendant la grossesse, où le système immunitaire est affaibli.

Manger de la viande quand on est enceinte contribue grandement à combler les apports en fer, qui augmentent beaucoup. Il n’est donc pas question de s’en priver. Cependant, pour ne prendre aucun risque, consommez uniquement :

Morceaux de viande de mouton crus

• de la viande bien cuite : la cuisson à cœur tue le parasite (vous reviendrez au tartare de bœuf après la naissance de bébé !)

• de la viande surgelée : le très grand froid s’avère également très efficace pour éliminer Toxoplasma gondii.

• Vous dînez dehors ? Commandez du poisson si vous n’êtes pas sûre de la température à laquelle la viande a été cuite ou conservée.

Par ailleurs, ne donnez pas de viande crue (non surgelée) à manger à votre chat ! Celui-ci constitue en effet l’hôte définitif du parasite. Il n’y a en effet que chez les félins que Toxoplasma gondii s’active, engendrant de nombreux œufs, au lieu de demeurer sous forme de kystes. S’il était contaminé, votre chat pourrait vous transmettre la toxoplasmose par le biais de ses excréments contenant des œufs.

Mon chat, mon nouveau meilleur ennemi ?

Pour éviter une éventuelle contamination par votre chat, soyez très prudente en nettoyant sa litière :

• Faites-le le plus fréquemment possible, de façon à ce que les œufs éventuels n’aient pas le temps d’éclore (l’éclosion peut prendre entre un et cinq jours).

• Faites-le avec des gants ou, mieux, demandez à votre conjoint ou à une autre personne de s’en charger.

• Enfin, évitez de conserver la litière dans la cuisine, près des aliments.

Notez cependant que le risque de contamination est très faible si votre animal de compagnie vit en appartement. S’il ne chasse pas les souris (sa principale source de contamination) et se nourrit uniquement d’aliments industriels cuits (croquettes, pâtées), vous pouvez sans doute être tranquille.

Concernant les chats qui sortent, si une contamination intervient, c’est le plus souvent quand ils sont jeunes, après le sevrage. Comme chez les êtres humains en bonne santé, les symptômes sont alors peu visibles. La période de contagion dure ensuite entre une et trois semaines.

Chat assis dans sa litière

En revanche, contrairement à l’humain, le chat n’est pas toujours définitivement immunisé contre l’infection parasitaire après une première contamination. S’il reste longtemps sans contact avec le parasite, une nouvelle toxoplasmose est possible.

Non immunisée contre la toxoplasmose ? Prenez garde à la terre !

Les futures mamans non immunisées contre la toxoplasmose doivent éviter au maximum les contacts avec la terre, susceptible d’être souillée par les selles des animaux contaminés.

Si vous êtes séronégative :

• N'oubliez pas vos gants lorsque vous jardinez. Si vous manipulez de la terre sans protection, lavez-vous soigneusement les mains et brossez-vous les ongles.

• En cuisinant, lavez vos légumes avec le plus grand soin ou bien pelez-les : les légumes-racines notamment (carottes, navets, radis, pommes de terre) portent fréquemment des traces de terre. Et n'oubliez pas de nettoyer vos plans de travail !

• Au restaurant, renoncez à la salade et aux crudités de toutes sortes  : vous ignorez de quelle façon elles ont été lavées.

Enfin, notez que les sources officielles, comme l’Anses , ne recommandent pas le lavage des crudités au vinaigre. N’écoutez donc pas trop votre belle-maman quand elle pense tout savoir !

« J’ai attrapé la toxoplasmose ! » Tout savoir pour limiter le danger

Si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, une prise de sang mensuelle permet de vérifier que vous êtes toujours séronégative. Si la sérologie revient positive, essayez de ne pas paniquer : des mesures médicales permettent de limiter les conséquences pour votre enfant à naître.

Votre médecin vous prescrira d’abord un antibiotique, destiné à réduire le risque de transmission de l’infection parasitaire à votre fœtus. Il cherchera également à savoir si votre futur bébé a été atteint ou non par la toxoplasmose, qui ne traverse pas toujours la barrière placentaire. Pour cela, il envisagera soit un prélèvement de son sang soit un prélèvement du liquide amniotique (amniocentèse).

Mais le passage du parasite à travers le placenta peut être long : avant de pouvoir effectuer le prélèvement, il faudra attendre au moins quatre semaines après votre contamination.

Si le prélèvement révèle une toxoplasmose congénitale, votre traitement antibiotique sera adapté, et votre futur bébé bénéficiera d’un suivi échographique rapproché : chaque mois, l’imagerie permettra d’écarter d’éventuelles lésions.

Enfin dans tous les cas, votre enfant sera particulièrement suivi après sa naissance. Examen neurologique, fond de l’œil, radiographies… : tout sera fait pour favoriser sa santé.

Conclusion

Toxoplasmose et grossesse : une association particulièrement redoutée par les futures mamans… Heureusement, des précautions alimentaires et des mesures d’hygiène permettent le plus souvent d’éviter l’infection. Si vous n’en pouvez plus de surveiller votre alimentation, rappelez-vous que bébé sera bientôt là ! Courage !

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